Bastien Siebman

Publié le 14/03/2012 - Catégorie : Entrepreneurs, Newsletter, Témoignages

Qui es-tu ?

Je m’appelle Bastien Siebman, je suis tout juste diplômé, issu de la promo 2011. Mon stage ingénieur à peine terminé, je me suis lancé dans la création d’entreprise avec deux amis ingénieurs de Grenoble INP, Quentin Fouré (E3/GI) et Bastien Libersa (Esisar).

Quel est ton parcours ?

L’école d’ingénieur en informatique a toujours été un objectif. Toutefois j’ai choisi de passer par la case DUT puis admission parallèle pour y parvenir. Je savais exactement ce que je voulais faire et la classe préparatoire classique n’avait pas de sens pour moi. Le DUT m’a permis de me confronter à l’informatique très vite, et surtout de faire deux stages en entreprises.

Après mon DUT, j’ai eu l’opportunité de faire un Bachelor en Australie. J’y ai plus appris le surf que l’informatique, mais l’expérience fut extrêmement bénéfique et m’a profondément changé.

A mon retour, sur le point d’intégrer l’INSA Lyon, quelqu’un m’a conseillé de regarder du côté de l’Ensimag, «mieux classée». Le programme m’a séduit et j’ai pu intégrer l’école à quelques jours de la date limite.

Trois ans plus tard, je suis en stage de fin d’études au Ministère de la Défense, dans le calcul distribué et l’analyse de document. Malgré un projet passionnant, mon esprit divague et l’entrepreneuriat occupe toutes mes pensées. Il faut que je créé quelque chose de mes mains, quitte à faire un trait sur un avenir prometteur et rassurant en entreprise.

A l’école, j’étais connu pour toujours être celui qui était assis au premier rang à poser tout le temps des questions. J’ai besoin de tout comprendre pour bien faire mon travail, et le monde de l’entreprise classique ne me paraissait pas être le milieu le plus adapté pour moi.

Que dire sur ton projet ?

En dernière année d’études, j’ai participé avec mes deux associés actuels à un concours de développement mobile. Nous avons répondu à un besoin simple, à priori pas encore traité : permettre le don à des associations depuis une application sur téléphone mobile. Un peu à la surprise générale nous remportons le concours, non pas grâce à nos compétences en développement mais plutôt grâce à notre concept et notre vision.

S’ensuit alors de nombreux retours extrêmement encourageants, mettant en avant le besoin réel du marché, les opportunités actuelles, le caractère innovant... Puis une décision de l’équipe : tous les éléments sont réunis, il est temps de se lancer dans le grand bain et de créer notre société !

Six mois plus tard, nous sommes en 2012. Le projet a changé cent fois de visage, mais la confrontation avec le marché a porté ses fruits et les professionnels du secteur sont unanimes : l’avenir du don se jouera sur mobile. La question est de savoir quand. Nous préparons donc une gamme de produits liés au don sur mobile, répondant à des besoins actuels et futurs.

Quid de l’entrepreneuriat après les études ?

Je définis l’entrepreneuriat comme une «galère géniale». Une galère car il faut sans cesse se remettre en question, apprendre à travailler en équipe, gérer l’arrivée de concurrents, rester proactif. C’est également très valorisant : cela permet de rencontrer beaucoup de monde, de réfléchir à plusieurs sur une stratégie ou un produit...

Ces montagnes russes d’émotions sont d’autant plus importantes lorsqu’on se lance juste après les études : on ne connaît pas les codes du milieu professionnel, on a tendance à s’emballer trop vite ou à abandonner trop tôt, on n’est pas toujours pris au sérieux, on ne sait pas toujours s’organiser ou gérer un projet... Chaque jour il faut gagner suffisamment de temps ou d’argent pour continuer à travailler le lendemain.

 

Je suis encore loin de pouvoir donner des leçons ou des conseils. Je peux déjà dire que l’entrepreneuriat n’est pas offert à tout le monde, et qu’il faut un caractère très particulier. Il faut en effet savoir persévérer et être relativement sûr de soit. Mais en même temps il faut savoir accepter la critique et se rendre compte des remaniements nécessaires. La recherche de cet équilibre est très enrichissante.

Mes meilleurs souvenirs Ensimag ?

J’ai beaucoup apprécié de gérer plusieurs projets en même temps, de différentes tailles avec différentes équipes. Cela affute grandement l’esprit.

Maintenant que je suis confronté à la nécessité d’innover, de brainstormer, de créer etc je regrette de ne pas avoir ainsi développé ses aspects à l’école. J’aurai du travailler sur des projets moins balisés et laissant plus de place à l’inventivité.

Un conseil pour les Ensimag au désir d’entreprendre ?

N’hésitez pas à vous lancer dans plusieurs projets en même temps, cela vous permettra de travailler avec diverses personnes sur diverses problématiques.

Sachez reconnaître un projet prometteur lorsque vous en voyez un et sachez mettre de côté tout le reste.

D’une manière plus pragmatique, confrontez-vous au marché très tôt, dès le départ même. Il est impossible de comprendre un marché sans avoir parlé aux utilisateurs, aux concurrents, aux clients, aux instances de normalisation etc. Mais attention, il y a une différence entre entendre et écouter : tout le monde donnera des conseils sur ce qu’il est bon de faire, il ne s’agit pas de tout prendre : il faut savoir trier, repérer les bonnes idées et faire évoluer sa propre vision du projet.

 

Bastien Siebman Associé-fondateur ButterflyEffect